27 mars 2025, 22h53. Immortalus est mort, son souvenir retournera dans les Vosges en avril à l’occasion du week-end de Pâques. Ce même week-end, je dois me rendre à Marseille pour célébrer le mariage de deux jeunes gens, ville où je suis née et où je ne suis pas retourné depuis 2000, il me semble. J’ai pris un hôtel à côté du MUCEM naturellement .Mon très cher Immortalus, maintenant la suite, c’est entre nous deux pour toujours dans le souvenir de toi que j’ai en moi. Tes yeux se sont fermés, les miens restent ouverts encore un peu. Merci.
Un cochon sans papier.
Un jour, je vis, ou plutôt on me présenta fièrement, un beau cochon au pelage sombre. Un clandestin, il n’avait pas de papier, pas de carte d’identification. Invisible administrativement, il vivait dans une remorque rouillée avec un peu de paille humide et d’excréments, parmi quelques-uns de ses semblables, eux aussi clandestins, mais un peu plus maigres que lui. Il y avait des bébés cherchant le lait maternel.
Il ne le savait pas encore, mais le 12 janvier 2024 serait son dernier jour. Je venais de l’apprendre : il sera séparé de ses compagnons, recevra un coup de marteau sur la tête, ou deux, et quand il sera dans les vapes, on lui donnera un coup de couteau ou deux dans le ventre . Il sera découpé en deux pour être moins lourd à porter, et le travail du boucher commencera. Cela ressemble à un meurtre qui fait tressaillir, mais, au fond, qu’importe la méthode quand le résultat est le même ? Il sera mangé de la même façon, dans une assiette à l’aide d’un couteau et d’une fourchette, et comme tout se mange dans un cochon, les restes que le boucher ne voudra pas seront donnés crus à des chiens, paraît-il.


